Hervé Brouard : « J'attends beaucoup plus de mes joueurs »
Hervé Brouard : « J'attends beaucoup plus de mes joueurs »
Membre à part entière du staff technique du VOC, Hervé Brouard nous apporte son regard d'expert sur la situation vannetaise cette saison, et surtout analyse pour nous, sa manière de travailler avec le groupe.
Hervé, votre dernière interview pour le site date de novembre dernier. Le VOC inspirait alors à grimper au classement mais aujourd’hui, il joue le maintien. Comment le groupe gère cette situation ?
Pour le moment ça se passe très bien. Même si on avait eu la possibilité de monter plus haut il-y-a quelques mois, on savait que le championnat était long et difficile, on pouvait donc basculer d’un côté comme de l’autre à n’importe quel moment. L’objectif à l’heure actuelle c’est le maintien, c'est-à-dire garder au plus prêt cette 14e place sachant que l’on n’a pas beaucoup de point d’avance sur la zone rouge, mais on est aussi proche du 4e (seulement 9 points de retard sur Nîmes Olympique). Si bien que cette saison il y a 12 ou 13 équipes qui jouent le maintien.
« Je comprends le public de la Rabine qui se plaint »
Comment expliquez-vous les bons résultats à l’extérieur, et les contre-performances à domicile ?
Je suis un grand fan de statistiques, j’en fais énormément. Il faut savoir que sur les matches de la phase retour que l’on a disputé, le VOC fait partie des meilleures équipes à l’extérieur. A domicile, on fait partie des équipes dites « moyennes » du championnat. A domicile on a pris 2 points, quand Tours n’en a pris qu’un seul. Je comprends le public de la Rabine qui se plaint car on ne parvient pas à enchainer à la maison, on ne produit pas du beau jeu mais toutes les équipes à l’extérieur jouent défensivement, fermées derrière. Mais le coach travaille continuellement là-dessus. J'aimerais que le public de la Rabine pousse les joueurs à se dépasser par des encouragements permanents dans les moments difficiles. J'aimerais aussi qu'il y ai plus de ferveur autour des six matches qu'il reste à jouer. Car le rôle du public doit être un élément moteur de la performance.
On est aujourd’hui aux 2/3 de la saison, quel bilan « physique » pourriez-vous tirer de ces 26 premières journées ?
Je pense que l’on a franchi un cap en matière de préparation physique car on a beaucoup moins de blessés que la saison passée et les charges de travail on été mieux réparties. Au niveau de la puissance physique on n’a pas trop de problèmes, nous sommes capables de tenir n’importe quelle équipe. Maintenant s’il faut tenir un bilan je dirais qu’il est plutôt bon, car si on se maintient on aura joué un 8e de finale de coupe de France contre Saint-Etienne où l’équipe a été performante, la DH est encore en course pour la montée en CFA 2 et les U19 Nationaux se sont maintenus aussi.
« Nous serons vraiment costauds sur les deux mois qu’il nous reste »
Justement, comment se porte le groupe physiquement ?
Le groupe se porte bien, on a été fatigués il-y-a trois semaines. Avec l’enchainement des matches, le championnat et la coupe de France on a dû jouer 4 rencontres en 10 ou 12 jours. Donc on s’est surtout concentrés sur la récupération. On a pratiqué la récupération par le froid, on a allégé nos programmes d’entraînement, si bien que maintenant les joueurs sont dans une forme relativement bonne et nous serons costauds durant les deux mois qu’il nous reste.
Le VOC est 14e mais flirte avec la zone rouge, comment fait un staff pour maintenir le moral d’un groupe ?
Déjà on essaye de ne pas y penser. On essaye d’occulter la pression pour créer une bonne ambiance dans le groupe. Le joueur a la pression s'il-y-a un résultat en jeu, si nous, membres du staff, on ne met pas de pression sur un joueur, il joue libéré. Si un club joue la montée ou le maintien, il a toujours la pression du résultat, et nous l’avons. Notre but est de ne montrer aucun signe de pression supplémentaire, de faire le maximum pour que le joueur évolue dans les meilleures conditions.
« Rigueur, combativité, esprit de groupe, dépassement de soi »
Plus personnellement, vous avez été moniteur de sport dans l’armée. Qu’est ce que le monde militaire vous a apporté que vous pouvez appliquer au VOC aujourd’hui ?
Il-y-a un mot qui me vient de suite à l’esprit, c’est la rigueur, ce qui est très important dans le monde du football comme à l’armée. Ensuite je communique très facilement avec les joueurs, j’ai dirigé beaucoup de groupe dans des conditions difficiles et je sais comment communiquer avec eux. L’armée vous donne la capacité de gérer un groupe et maintenant c’est vrai que gérer les problèmes personnels ou collectifs ne pose aucun problème. Et ensuite il y a des valeurs comme la combativité, l’esprit de groupe et le dépassement de soi.
Et vos diplômes d’entraîneur ça en est où ?
Alors j’ai eu mon DEF (diplôme d’entraineur de football) ce qui me permet de pouvoir entraîner jusqu’en National (ce n'est pas mon objectif) afin d’aller à l’examen d’entraîneur physique national l’année prochaine. Avec ce diplôme, la FFF m'aura donné tous les outils pour être plus performant.
Pourquoi vouloir passer ce genre de diplômes, pour des raisons personnelles ou professionnelles ?
C’est personnel ! J’aurais pu terminer ma carrière comme ça. Je veux dire qu’à partir du moment où vous êtes préparateur physique, vous l’êtes. Après il existe différents diplômes d’état et je suis surtout à la recherche de connaissances permanentes. On a jamais fini d'apprendre.
Dernière petite question, la fin de saison idéale pour vous, ce serait quoi ?
7 victoires (rires) !!! Non, pour moi la fin de saison idéale c’est 43 points, peu importe la façon. J’attends énormément de mes joueurs, j’attends énormément plus que ce qu’ils m’ont donné. Au niveau de l’investissement personnel ou collectif, de leur cohésion et de l’implication sur le terrain, j’attends beaucoup plus d’eux.
(interview réalisée par Renan POISSON)




